samedi 15 août 2015

Les aventures de Philibert, capitaine puceau ( 2011 )




A la mort de son père, producteur d’artichaut breton, le jeune et vaillant Philibert apprend sa réelle identité. Il n'est autre que le fils du comte Fulgence Bérendourt de Saint-Avoise, lâchement assassiné par le bourguignon Clotindre, Comte d'Artois. Décidé à se venger, le jeune Philibert prend la route où l'amitié, la vengeance, l'amour, le rire et les collants très moulants, seront au rendez-vous.

Connaissez vous ce rire gêné ? Si ... Ce rire que l'on produit devant un film involontairement drôle ! Le rire que l'on sort sans plaisir, mais par pitié. Après avoir visionné Philibert Capitaine Puceau, je prône  un autre type de gloussement. Celui que l'on produit devant un film volontairement débile. Car depuis un long moment, je n'avais jamais autant rit de bon cœur devant une objet cinématographique comme celui que j'ai visionné !

Entre pastiche et parodie, le film se veut avant tout un hommage décomplexé ( et réussi ) aux films de cape et d'épée, ceux qui fleuraient bon les rires forcés, les dialogues suaves et les collants serrés. Ceux qui représentaient une certaine époque de gloire du cinéma français, dont les Jean Marais et consort étaient les fidèles représentants.

C'est ici Jérémie '' Cloclo " Rénier, qui se met au diapason d'un casting comique de premier choix qui s'en donne à cœur joie. Initialement réservé au regretté Jocelyn Quivrin, le rôle sied comme un gant à l'acteur  belge. Certes, le jeu est volontairement grossier et caricatural, mais il n'est là que pour servir à merveille le ton volontairement décalé du film.
Alexandre Astier est impeccable en méchant maniaque, tandis qu'Elodie Navarre est parfaite en femme éperdument amoureuse de son Philibert... Les quelques caméos, comme celui de Gaspard Proust en troubadour, sont assez savoureux.

 Il n'est d'ailleurs pas étonnant de voir Sylvain Fusée, membre de l'équipe de Groland, aux manettes d'un projet  comme Philibert. Une production qui n'est qu'un reflet brillant de la célèbre production grasse et irrésistible de Canal.

Bien que le film n'aurait pût être qu'une production à la va-vite, il n'en est rien ici. Les aventures de Philibert nous propose une mise en scène, certes un peu pauvre ( ouh les belles maquettes ! ), mais  soignée et saupoudrée de scènes et dialogues absurdes et assez tordants.  Il est également important de noter le gros travail fait sur une BO qui donne au film tout son côté aventureux.

 Les cascades ne sont pas en reste et il parait assez honorable de souligner  le travail de Jérémie Rénier fait sur le film. Ce dernier s'est entraîné pendant 2 mois à l'escrime et à la voltige, afin de réaliser lui même toutes ses cascades.

Bien que toute cette description soit flatteuse, le seul long métrage de Sylvain Fusée n'est pas moins exempts de défauts. Problèmes de rythme , rôles secondaires assez inutiles sont, néanmoins, vite oubliés après le visionnage d'une production française, mine de rien, assez ambitieuse !

Malheureusement, comme beaucoup de films de qualité, Philibert Capitaine Puceau a souffert d'une certaine incompréhension de la part du public. Pourtant assez bien distribué, le film n'a pas réussi à trouver son public ( 58 000  entrées environ ). Ce qui est réellement regrettable pour une production ambitieuse, drôle et assez rafraîchissante. Mais il n'en est rien mes chers compagnons , enfilez vos plus belles tenues et aiguisez vos épées, la chasse aux mauvaises comédies françaises est ouverte !


C'est pour qui ?

Pour tous les amateurs de capes et d'épée
Pour tous les fans du génialissime Alexandre Astier
Pour les fans de Groland
Pour les amateurs d'amitiés viriles et de collants moulants
et c'est certainement pas pour les puceaux ...



Galerie photos :







Chanson du film : 





samedi 22 mars 2014

Electroma (2006)



Dans un monde où l'être humain a laissé place à des humanoïdes aux casques dorés, deux robots partent en quête d'humanité à travers le désert. A la recherche d'une autre forme d'existence, les deux êtres croient trouver en la pose d'une visage humain le commencement d'une nouvelle vie.....

Questionner. Tel peut être le verbe résumant à lui seul la carrière du groupe d'électro le plus talentueux. La musique des Daft Punk est à l'image du film. Chaque album du groupe français est un questionnement sur la musique et son adaptation à l'électro. Le travail notamment autour du Disco de Random Access Memories en est un parfait témoignage...

Mais trêve de bavardage, Daft Punk, qui réalise un film ça donne quoi ? 

 Il est ici tout d'abord à souligner la démarche de la réalisation d'un tel projet. Le groupe français prends le cinéma pour ce qu'il est à la base, un art. Et ce n'est pas à l'heure des superproductions sponsorisées par Coca-Cola ou Hollywood Chewing-gum  qu'on s'en plaindra. Il y a un pur esprit indé qui saupoudre le film. Les deux réalisateurs font une oeuvre pour rendre hommage au cinéma mais également pour se faire plaisir à travers un sujet qui les concerne, en l’occurrence l'avatar robotique. Il aurait été cependant facile pour le groupe de surfer sur sa popularité afin de rendre un produit commercial bâclé, il n'en est rien. 

La mise en scène est épurée au maximum. Aucun dialogue, des plans séquences plongés dans le silence, des paysages superbement survolés pendant de longues minutes, un rythme lent... Voila les ingrédients qui font de cette réalisation une oeuvre à part. Chaque plan est travaillé au maximum, bien évidemment, on tombe ici dans le contemplatif et on ne se laisse pas aller au jeu facile de l'action esthétisée. Ça peut dérouter le spectateur se trouvant devant une oeuvre aux antipodes de ce qu'il connait. Et encore une fois la démarche est à saluer. Le rendu est esthétique, certes lourd et pesant, mais certains plans frôlent pour moi l'excellence et ils ne font que soutenir le propos du film.

Electroma se veut comme un véritable plaidoyer à l'humanité. Par le biais d'une société de robots portant tous les mêmes casques, les réalisateurs questionnent la notion de normalité dans notre société actuelle. Sommes nous tous en fin de compte que des machines asservies et obéissant à un rythme de vie  abrutissant ? De la normalité, Electroma questionne également sur l'anormalité et de sa perception par la société. On peut voir dès que ces deux êtres partent en quête d'humanité par la pose d'un "masque" humain ( voir deux robots avec des têtes de Dan Akroyd et John Turturro a de quoi choquer certes...), la société normalisée les rejette et exclue ce qui est différent... Alors oui le propos est assez simpliste, mais se servir du concept de robot, procédé certes peu novateur, est une chose intelligente faisant clairement passer le message. 

D'autant plus que par la force de la mise en scène et de la bande son, les Daft Punk réussissent à humaniser ce qui n'est, à la base, que froid et sans expression. Contrairement aux autres protagonistes du film, les deux robots font passer des émotions, comme si cette quête d'humanité commençait à les dissocier et à les rendre plus humains dans le film, mais également aux yeux des spectateurs.

Enfin un petit mot sur la bande sonore. Evidemment on pouvait se demander si le groupe allait parsemer de sa french touch leur première réalisation. Et bien à la surprise générale il n'en est rien. Haydn, Allegri, Tellier, Mayfield... ils sont tous là sauf les Daft Punk et je pense que ceci est un bon argument pour tordre le coup aux critiques sur une possible démarche égocentrique des deux musiciens. Le film est un hommage au cinéma et non un clip promotionnel d'une heure où l'on enchaîne les mixs et compositions originales. La démarche est judicieuse et renforce justement l'aspect purement cinématographique d'Electroma.

Le film risque d'en dérouter plus d'un. Electroma est conceptuel, il dérange clairement, autant sur la forme que sur le fond. Alors oui, on peut encore dire ( comme je le fais souvent ) " oui mais c'est encore un truc pour les bobos de la capitale qui veulent se palucher en se la jouant exception culturelle". Et bien personnellement je ne dirais pas la même chose.

 Bien évidemment je ne conseillerais pas le film au grand public en disant qu'ils vont se régaler pendant une heure, mais l'oeuvre peut se laisser savourer si l'on possède quelques clés pour la déverrouiller et la laisser parler. Ma clé a été la musique des Daft Punk. Comme évoqué en début de chronique, le film est à l'image de la production musicale du groupe, une composition artistique avec une esthétique soignée qui bouscule les codes établis. Je m'attendais à une oeuvre différente et je n'ai pas été déçu.

Alors oui on peut reprocher plein de choses à l'oeuvre. Egotrip au rythme lent, absence de dialogues, histoire sans grand intérêt... Pourtant Electroma doit se laisser apprécier comme une oeuvre à part entière, un film qui questionne, bouscule et dérange les robots que nous sommes après tout...

C'est pour qui ? 

Pour les fans de Daft Punk évidemment
Pour les amateurs de réelles expériences cinématographiques
Pour les fétichistes des casques de motards
Pour les taiseux
et c'est pas pour les fans de Martin Garrix...

Galerie photos : 










Le film :







lundi 10 mars 2014

Appelez le Bruno ou quand Bruce Willis devient chanteur...




Récemment je vous ai déjà évoqué le passé quelque peu oublié de Mark Wahlberg. Ce dernier sévissait en tête des charts américains sous le nom de Marky Mark : une idole de Hip-Hop bodybuildée se trémoussant sur une musique groove et franchement pas dégueulasse... Cette vie passée est quelque peu facile à déterrer étant donné le succès de l'album à cette époque. Mais il est une autre vedette d'Hollywood qui s'est essayée dans la chanson. Et à croire qu'avoir des muscles donne de la voix, c'est notre ami Bruce Willis qui s'y est collé d'une façon plus confidentielle.

Effectivement à ses débuts et peu après le carton du premier Die Hard au Box Office, l'acteur décide de profiter de ce succès pour pousser la chansonnette. En 1987 il est sollicité par la Motown et devient, par la même, le premier chanteur blanc sous le fameux label ayant révélé toutes les plus grands interprètes afro-américains tel qu'un certain Michael Jackson qui a mené une honnête petite carrière ( c'est du sarcasme...).

Le premier album, " Return of Bruno " remporte un petit succès d'estime qui va vite s'estomper lors de la sortie du 2ème opus en 1989 " If it don't kill you, it just makes you stonger " qui fait un petit bide et qui met un terme à une brève carrière. A mal ? A vous de juger... il est vrai que voir Bruce se dandiner entre deux billards dans une ambiance eighties ca pique un peu la rétine...

Comme toute belle histoire on se quitte en chanson, Yeepee-Kai bande de cons !






ps : Bien évidemment merci à l'équipe de Crossed pour m'avoir fait découvrir cette petite perle...



vendredi 7 mars 2014

Voisins du troisième type (2012)







Gérant de supermarché, Evan fait tout pour rendre la ville de Glenview la plus agréable à vivre: création du club de marathon, cours d'espagnol pour personnes âgées. Cependant, le bon samaritain se sent profondément seul. Aucun véritable ami à part le surveillant mexicain de son établissement. Quand ce dernier est sauvagement assassiné, Evan décide de se lancer dans la lutte contre le crime en créant un clan de surveillance du voisinage. Formant une parfaite équipe de bras cassés, les 4 hommes vont découvrir que le mal qui s'abat sur Glenview n'est pas forcément celui que l'on pense...

Voisins du troisième type, The watch en anglais, avait tout pour plaire dès le départ. Un casting séduisant composé de trois fleurons de "l'humour à l'américaine" ( Ben Stiller, Jonah Hill, Vince Vaughn), un sujet pour le moins attirant ( mix d'humour et de science-fiction ) et un réalisateur de la très appréciée Saturday Night Live (Akiva Schaffer). Oui...mais... si...pourquoi pas....peut-être...

Le premier problème du film est le ton qu'il adopte. On se retrouve encore ici sur les sentiers battus de l'humour au ras de la ficelle du slip sale de monsieur... Tout pue ici la vulgarité complètement assumée. Pas aussi " trash '' que les grosses comédies parodiques du style Superhero Movie  ou Spartatouille mais Voisins du troisième type s'inscrit malheureusement dans ce sillon maintes fois usité. Bien que je ne conspue pas le public qui aime ça, il est quand même malheureux  de bâcler un scénario qui parait intéressant pour en faire un film vulgos' à tous les étages...

Cela est d'ailleurs parfaitement représenté par un Vince Vaugh cabotinant comme jamais et qui doit bien sortir de sa bouche autant de '' putains '' qu'il n'y en a sur le port d'Amsterdam. Les mêmes clés, les mêmes grosses ficelles, rien de bien innovant, mais bon après tout on peut essayer de se convaincre en se disant '' oui  tu dis ça mais tu as bien rigolé devant Scary Movie ''... Cependant il est à noter que ce qui faisait  la force de Scary Movie c'étaient ses clins d’œils bien pensés et son aspect parodique assumé. Ici le film ne trouve jamais le ton juste et s'embourbe dans une espèce de comédie prémâchée et bâclée... Regardez la manière dont ils tuent les aliens et vous comprendrez mon propos.

De plus, le rythme du film est en dents de scies. Que c'est long à démarrer.... Il faut bien attendre trois bons quarts d'heures pour enfin apercevoir un bout de dents de monstres ou même une évocation d'une possible vie extraterrestre. La réalisation prend son temps et, encore une fois, pose un cadre lourdingue et évitable à l'histoire. Le tempo de Voisins du troisième type est inégal et s’emmêle les pinceaux dans des histoires parallèles vraiment inutiles et inintéressantes... Apprendre que Ben Stiller a des problèmes de fertilité lors d'une chasse au tueur est vraiment dispensable. Vince Vaughn qui veut sauver sa fille de son dépucelage aussi... Cela n'apporte vraiment rien à l'intrigue à part un peu plus de scènes racoleuses et mal senties...

Bien que le qualificatif  '' gras '' peut s'appliquer à l'humour du film, il peut également s'appliquer au jeu d'acteur. Tout le monde cabotine ici joyeusement et on a souvent l'impression de voir des potes filmer leur dernière beuverie commune. La seule petite surprise du film tient au rôle de Richard Ayoade, c'est la seule petit note rafraîchissante... On va dire en gros que c'est le moins lourdingue de la bande... Bon ok son fantasme c'est de se faire plaisir au contact d'une bouche asiatique de préférence féminine mais après tout , au niveau du film ça passe comme une lettre à la porte.

Les gags du film sont globalement attendus et lourds. C'est amusant quelquefois, c'est gavant souvent. Pour finir on se trouve avec  un film qui aurait vraiment pu être une bonne comédie et qui aurait également pu être une petite parodie sympathique de films de science-fiction. Malheureusement, tout s'emmêle dans une réalisation plate, un ton vulgaire et un scénario inintéressant et attendu. Malgré quelques sourires, le film sera vite oubliée et l'homme s’attellera à la découverte de nos vraies voisins du troisième type : les femmes !

C'est pour qui ? 

Pour les amateurs de comédies bien lourdingues
Pour ceux qui veulent découvrir un acteur/réalisateur assez talentueux (Richard Ayoade)
Pour ceux qui ne rigolent pas devant The world's end
Pour ceux qui aiment le saturday night live...ou pas...
et c'est certainement pas pour les fans de SF...

Galerie photos : 







Extraits du film : 







dimanche 2 mars 2014

End of Watch (2012)


L'agent Taylor et  Mike Zavala sont tous deux agents de police. Au coeur des bas-fonds de Los Angeles, l'amitié, le courage et l'enfer des cartels se mêlent et forgent une fraternité qui dépasse le noir de l'uniforme.



Ouf ! Je crois que ça a été le plus ardu des résumés ( et plus court, mais ne dit-on pas que plus c'est court plus c'est bon ? ) que j'ai eu à faire sur un film visionné. Il faut dire que ce dernier, réalisé par David Ayer, est une sorte d'OVNI dans un genre qui a pourtant des codes bien établis : le film policier/action. La troisième réalisation du cinéaste américain, après Bad Times et Au bout de la nuit, est clairement un film à part qui a déstabilisé le petit pourceau amateur de courses-poursuites, de gros flingues et de répliques burnées que j'étais.

Après chaque visionnage, j'attribue du haut de mon prétentieux 1m72 ( mais ne dit on pas que plus c'est court...bon je l'ai déja faite...) , une note sur 10. Pour End of Watch, cela a été une vraie torture d'inquisition. Le film m'a laissé sceptique et ennuyé par moment. Mais d'un autre côté j'ai eu l'impression de voir quelque chose de différent.

Tout d'abord, ce qui fait l'intérêt d'End of Watch, c'est sa mise en scène.

Le personnage principal est muni d'une micro caméra durant ses interventions sur le terrain pour entretenir un journal  vidéo sur la dure réalité de son métier. Par ce procédé David Ayer entend créer un lien quasi intime avec le duo parfaitement interprété par  Donnie Gyllenhaal ( ou Jake Darko c'est selon ) et Michael Pena  dont je ne connaissais foutrement rien avant le visionnage. Pour l'anecdote il est à rappeler que chaque scène a été filmée simultanément par quatre caméras et que deux étaient constamment harnachées sur les deux acteurs. Diantre que ça devait être lourd...

L'intention du réalisateur est clairement réussie et le spectateur a clairement l'impression d'être au coeur de l'action. Cependant cela nuit au propos cinématographique du film... j'ai clairement eut l'impression parfois de regarder un reportage en caméra embarquée sur la dure vie des flics plutôt qu'un film et c'est assez dérangeant. On ressent tout de même la volonté de David Ayer d'apporter une vision autre par ce procédé, de rendre le propos réaliste en filmant en caméra embarquée. C'est justifié, réussi et End of Watch apporte clairement quelque chose de différent.

Cependant, rajoutée à cela une prise de vue constante à la Greengrass et on obtient un mix pas toujours digeste. Je m'explique...

Pour moi une prise de vue caméra à l'épaule marche et fonctionne quand le film offre un propos nerveux laissant le spectateur sous tension. Sauf que dans End of Watch cela ne fonctionne pas tout le temps et on en vient au second propos, le scénario en lui-même.

L'histoire d'End of Watch se détache clairement des schémas narratifs classiques. Le spectateur suit la vie de deux policiers rodant dans l'un des quartiers les plus difficiles des Etats-Unis, South Central. Le choix de ce dernier est d'ailleurs justifié par la portée réaliste du film étant donné que David Ayer a passé son enfance dans ce secteur.

La trame scénaristique est très mince et veut coller, encore une fois, au plus proche de la réalité. Cela accouche d'un rythme assez bâtard et le film met du temps à trouver un  tempo qui ne se laisse déguster que dans les trente dernières minutes. De plus, étant donné que l'histoire se base sur l'amitié entre les deux hommes, le cinéaste nous fait également partager leur quotidien et leur vie amoureuse. Je pense clairement que c'est une bonne idée et que ça rajoute de la crédibilité au film. Cependant, il y en pour moi trop et on se retrouve plus souvent devant un film dramatique qu'un film policier en lui-même. Pour exemple ( attention spoiler, Ouh le vilain...) les scènes entre Anna Kendrick et Jake Gyllenhaal sont clairement mal dosées et viennent rompre le rythme du film.

Toutes ces critiques négatives sont gênantes parce que je pense que malgré le fait qu'End of Watch m'ait laissé sceptique, c'est un bon film à conseiller. L'intrigue policière n'est pas si désagréable que cela, la portée réaliste est réussie, on se retrouve devant quelque chose de différent et le duo formé par les deux acteurs est impeccable. Il est d'ailleurs à noter que pour renforcer cette entente devant la caméra, le duo a suivi un entrainement policier intensif de 5 mois. Au-delà de leur complicité à l'écran les deux interprètes sont d'ailleurs devenus très proches dans la vie.

Tout comme la réalité des forces de l'ordre, End of Watch est froid et implacable. Cependant, cette force qui devait être l'intérêt principal du film se retrouve gâchée par une mise en scène maladroite et un rythme inconstant. Mais, foi d'amateur des toiles, je vous pousserais tout de même à visionner ce curieux objet filmique. Ceci, afin que toi, jeune adolescent qui lit cet article, tu comprennes que sauter d'un pont de 15 mètres de haut en criant " au nom de la loi je vous arrête '' ce n'est pas la réalité...


C'est pour qui ? 

Les amateurs du talentueux Jake
Ceux qui veulent découvrir une oeuvre filmique différente
Les amateurs d'Au Nom de la loi avec l'expressif Steven Seagal
Ceux qui ont toujours rêvé de customiser leur AKA ( si vous en avez un, vous avez de sérieux problèmes...)
et c'est certainement pas pour les fans de Derrick...





Galerie photos : 







Extraits : 








dimanche 2 février 2014

La nuit qu'on suppose (2014)








Que voit-on quand on ne voit pas ? Qu'apprends t-on à regarder dans l'ombre ? En partant de ce  postulat, le réalisateur belge Benjamin D'Aoust nous emmène dans un voyage au coeur de la cécité. A travers le portrait de Said, d'Hedwige, de Brigitte, de Danielle et de Bertrand, Benjamin D'Aoust partage des instants intimes, des souvenirs et tranches de vies avec ceux plongés dans une nuit qu'on suppose...

Il est un genre que j'ai totalement occulté de mon blog, c'est le documentaire. Non pour des raisons de goût, mais tout simplement car j'en regarde très peu, par manque de curiosité certainement, pensant bêtement à la primauté du film sur le documentaire, grossière erreur. Pour la première réalisation de ce genre évoquée sur le blog, il fallait cependant que celle-ci ait quelque chose de spécial.

En effet, une histoire particulière me relie à ce film. J'ai travaillé dans le cadre de mes activités professionnelles avec l'une de ses protagonistes : Hedwige Goethals, peintre fortement malvoyante, une dame de 83 ans au caractère exceptionnel pour qui j'ai toujours une pensée particulière. Cette dernière fait donc partie de ce documentaire atypique ayant pour volonté de nous plonger au cœur du monde supposé de la nuit dans lequel sont plongées les personnes malvoyantes et aveugles.

Le documentaire n'a en soit aucune trame narrative, il ne veut en aucun cas raconter une histoire cousue partant d'un point A et voulant nous mener à un point Z. Benjamin d'Aoust a pris l'initiative de simplement suivre dans ce que l'on peut appeler des '' instants de vie '' 5 personnes souffrant de troubles oculaires. Cette volonté est parfaitement illustré dans l'interview de Benjamin d'Aoust qui justifie ne pas vouloir faire un film "sur" mis ''avec'' des aveugles... (>>interview<<).

Ce point de vue a le mérite de faire parler les différents protagonistes qui se livrent simplement et librement comme elles se confieraient à un de leurs proches. Cela donne lieu à des scènes et dialogues absolument inattendus : " Le fait que je sois aveugle change t'il quelque chose à votre manière de filmer ? '' peut-on entendre. Nous pouvons également entendre l'anecdote de Brigitte, racontant ses échanges avec cette taxi-woman lui supposant une vie de tristesse et de solitude liée à son handicap.

 Le réalisateur a également eut la bonne idée d'opter pour 5 personnages aux parcours bien différents ( une peintre, un danseur, un membre d'une association de sensibilisation...). Cela permet d'avoir une palette large de personnalités bien distinctes les unes des autres, ce qui permet de s'attacher rapidement à chaque protagoniste.

L'autre force du film est son parti pris évident. Celui de faire découvrir la cécité autrement que par un apitoiement sur le sort des aveugles. Le film veut et réussit à démontrer que comme l'entend le célèbre écrivain et penseur Jorge Luis Borges " Le monde de l'aveugle n'est pas la nuit qu'on suppose ". Ce propos tend à être démontré par la volonté du réalisateur de nous faire partager des instants de vie avec des personnes aveugles vivant parfaitement seules, indépendamment de l'image que la majeure partie de la société s'en fait.

Enfin, il convient également d'évoquer la mise en scène intelligente du documentaire. De nombreux gros plans sur les visages se mêlent à un flou artistique. L'image de Danielle ( à retrouver dans la galerie photos ) résume à elle seule l'esthétique du film. Des plans rapprochés qui font comprendre que la cécité est avant tout un combat intérieur. De nombreuses personnes '' sur la voie de la cécité " ont souligné ce juste parti pris du réalisateur en soulignant que devenir aveugle soulève la force d'une intériorité que d'aucun pourrait soupçonner. Ces gros plans mêlés au flou représentant la voie vers la cécité, la vue qui se trouble, la perte de repères visuels.

La nuit qu'on suppose est un documentaire à découvrir. Par la force de son sujet, la façon dont il est traité et les différents protagonistes présentés, il est là une réalisation qui doit être mise à jour. C'est d'ailleurs tout à fait logique que le documentaire soit nommé aux Magritte du Cinéma ( l'équivalent belge de nos Césars). Il nous met également face à nos propres préjugés sur la nuit des aveugles qu'on suppose.


Galerie photos : 






Pas de vidéos étant donné qu'il n'en existe pas pour le documentaire tout récent, mais je vous propose cependant une interview très intéressante d'Hedwige Goethals '' Une aveugle qui veut peindre ! ''


C'est pour qui  ? 

Pour ceux qui n'ont pas peur du noir
Pour ceux qui veulent découvrir un univers inconnu
Pour tout bon amateur de documentaire
Pour les fans d'Hedwige Goethals
et c'est certainement pas pour les nyctalopes...